Menu Site Découvrir De Gaulle
Tim

De Gaulle et les médias: exemple de caricature

Tim (Louis Mittelberg),”Gouvernement transitoire de la République française” L’Express, 4 mai 1961 (ADAGP, Paris 2012. Collections BDIC/MHC/L’Express).

Tim

 

Tim : Tim (Louis Mittelberg),”Gouvernement transitoire de la République française” L’Express, 4 mai 1961 (ADAGP, Paris 2012. Collections BDIC/MHC/L’Express).

Le 23 avril 1961, soit presque dix jours avant la réalisation de ce dessin, la France est secouée par le « Putsch des généraux » partisans de l’Algérie française. Devant cette remise en cause de l’autorité et des décisions de l’Etat, de Gaulle décide d’intervenir dans une allocution radiotélévisée. Il apparaît à la télévision dans son uniforme de général, signifiant par là même que ce n’est pas uniquement le Président de la république qui s’adresse aux Français, mais aussi le général de Gaulle, l’homme du 18 juin, « le plus illustre de tous les Français ». Il exhorte les soldats du contingent à ne pas suivre les putschistes et à rester fidèles à l’autorité de l’Etat, annonce enfin qu’en vertu de l’article 16 de la Constitution il assume les pleins pouvoirs pour une durée limitée et le temps de rétablir l’ordre. La rébellion tourne court : cette intervention est donc une réussite et marque un tournant dans l’utilisation des médias radiotélévisés. Tim représente un de Gaulle sûr de son fait, dont la puissance est ici relayée par la radio. C’est de ce même médium qu’il se servira pour s’adresser aux Français dans l’état d’urgence de mai-68, après son retour de Baden-Baden.

 

Bien qu’homme de l’écrit par culture et tradition, de Gaulle a marqué l’Histoire par ses interventions télévisées et radiodiffusées. C’est le premier chef d’Etat à avoir su se servir aussi bien de ces médias pour appuyer sa politique.  Durant la guerre, de Gaulle n’intervient pas moins de 67 fois au micro de la BBC. IL faut ajouter à ces interventions celles effectuées dans les radios sous souveraineté française radio Brazzaville, puis, à partir de 1943, Radio-Alger.

Après la guerre, il est interdit d’antenne à la radio par la Quatrième République. Son retour en 1958 marque la rupture entre la presse d’un côté, la radio et la télévision de l’autre : de Gaulle est très réservé vis-à-vis de la presse qu’il accuse de scinder la population au lieu de l’unifier. Il fait en revanche des médias audiovisuels les vecteurs de la transmission d’information entre les Français et l’Etat, ce qui ne se fait pas sans contrôle. Un ministère de l’Information est formé, il ne disparaît qu’en 1974. Un autre dessin de Tim présente un visage de Charles de Gaulle dont l’un des yeux se trouve être un écran de télévision….

 

De 1958 à 1969, de Gaulle est l’auteur de 59 allocutions à la télévision et/ou à la radio. Il réalise deux interventions annuelles, auxquelles s’ajoutent des allocutions en cas d’urgence ou en fonction de certains événements.

En 1965, en pleine campagne présidentielle et alors que l’opposition dispose de temps de parole à la télévision, de Gaulle décide de ne pas utiliser cette facilité. Ceci sera l’une des causes de sa mise inattendue en ballotage au second tour… Il parvient à se rattraper en acceptant les entretiens avec Michel Droit, ce qui inspire à Jacques Faizant son célèbre dessin de Marianne, assise sur les genoux de de Gaulle en pyjama, lui disant « Eh bien !… tu vois, gros bêta ! Tu m’aurais parlé comme ça plus tôt !… »