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Les référendums en caricature

Moisan, « Badingaulle », Le Canard enchaîné, 24 octobre 1962 (ADAGP, Paris 2012. Collection BDIC/MHC/Le Canard enchaîné).

Pour de Gaulle, qui fait sien l’article 3 de la constitution de 1958, « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voix du référendum ». Durant sa carrière politique, il demande à six reprises aux Français de s’exprimer par ce type de scrutin.

Le premier référendum a lieu en 1945, alors qu’il est Président du GPRF (Gouvernement Provisoire de la République française), afin de faire approuver le projet de constitution de la IVème République. Conscient des faiblesses de cette constitution qui ne correspond pas à ses conceptions de l’exercice de l’Etat, il entreprend, dès son retour au pouvoir, de doter la France d’une nouvelle constitution qui doit nécessairement, à ses yeux, être soumise à la volonté du peuple par la voie référendaire.

En 1961, devenu président, il demande aux Français de s’exprimer sur le principe d’autodétermination de l’Algérie, puis, en 1962, d’approuver les accords d’Evian. Les votes francs et massifs en faveur de sa politique algérienne lui donnent les moyens de la mener à bien.

En octobre 1962, sa proposition d’élire désormais le Président de la République au suffrage universel, fait particulièrement polémique. Napoléon III – surnommé Badinguet par ses détracteurs – est en effet le dernier homme d’Etat à avoir été élu par cette voie… avant de déclencher un coup d’Etat. Le souvenir du coup d’état de 1851 est encore particulièrement vivace dans une large partie de l’opinion. Le dessin de Moisan est explicite : « aux urnes, citoyens ! voilà…. Badingaulle ! ». C’est d’ailleurs suite à l’adoption de cette mesure que François Mitterrand parle, dans son livre paru en 1964, de « coup d’Etat permanent » pour qualifier le régime de la Cinquième République.

Dès lors que la légitimité de de Gaulle est confirmée par sa réélection au suffrage universel lors des élections de 65, la pratique du référendum s’estompe. C’est néanmoins par ce moyen qu’il entend réagir à la crise née du mouvement de mai 68. Le référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat prend l’allure d’un vote de confiance dont il connaît et mesure les risques, lui qui,  dans une allocution télévisée, déclare qu’en cas de victoire du « non » il quittera immédiatement ses fonctions. Avec 52,41 % d’opposants, il démissionne dès le résultat connu

 

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Moisan, « Badingaulle », Le Canard enchaîné, 24 octobre 1962 (ADAGP, Paris 2012. Collection BDIC/MHC/Le Canard enchaîné).