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Kichka

L’ombre de De Gaulle

Kichka, 8 novembre 2010, Courrier international en ligne (Kichka).

Tout est dit : une ombre suffit à identifier de Gaulle. L’homme du 18 juin a effectué un long parcours depuis la Seconde Guerre mondiale où il était quasi-inconnu des Français et où la presse collaborationniste le figurait sans se soucier de son apparence réelle. Si durant la traversée du désert, de Gaulle est relativement oublié des dessinateurs, dès son retour au pouvoir et ce, durant dix ans, sa physionomie est l’objet de toutes les interprétations et le bonheur des caricaturistes qui le transforment tour à tour en pierre, en rocher, en menhir même, en géant dont on ne voit que les jambes, en animal, parfois en autruche, remarque incisive à la fois sur sa taille et sa manière de gérer le pays… Une liste complète serait longue et pourtant, de Gaulle a été caricaturé sous une même forme par divers  caricaturistes, à des périodes différentes.

Le long nez par exemple : tous les dessins insistent sur cette particularité. Tim, entre autres, l’a mis en scène pour réinterpréter le mythe de Sisyphe dans une version plus contemporaine. Pour rappel, Sisyphe, refusant de mourir, fut condamné par les dieux à faire rouler éternellement un rocher au sommet d’une colline, sans jamais parvenir à l’atteindre. En 1962, il est clair que Tim fait davantage référence à la notion d’éternité qu’à celle de punition.   Par ce dessin il fait référence au référendum qui a lieu un mois plus tard sur l’élection du président de la République au suffrage universel. Les partis traditionnels considèrent ce référendum comme une provocation : d’une part de Gaulle remet en effet en cause la souveraineté parlementaire, d’autre part il se sert du référendum pour faire adopter ce projet, plutôt que de le soumettre au vote du Parlement. Le « oui » l’emportant à 62,25%, il est difficile pour les partis de s’opposer aux résultats qui traduisent la volonté du peuple-même.

En terme d’éternité, Tim fait référence à tous les combats que de Gaulle a pu mener : pendant la Seconde Guerre mondiale, face à la crise algérienne (le référendum sur les accords d’Evian est un succès, lui aussi, quelques mois plus tôt le 8 avril 1962)… Il admire de Gaulle à cette époque et voit encore en lui l’homme qui peut faire face aux situations les plus critiques par son dévouement à son pays.

 

Kichka

  Kichka, 8 novembre 2010, Courrier international en ligne (Kichka).

Timcaricaturenez

Tim (Louis Mittelberg), « Le Sisyphe », L’Express, 27 septembre 1962 (ADAGP, Paris2012, Collection BDIC/MHC/L’Express).