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BIOGRAPHIES DE PERSONNALITÉS – Mai 68

Alain de BOISSIEU (1914-)

Né le 5 juillet 1914 à Chartres, saint-cyrien, il est lieutenant de cavalerie en 1940. Prisonnier des Allemands, après avoir organisé une des dernières charges au sabre de l’armée française, il s’évade en mars 1941 pour rejoindre Londres par l’URSS, mais y est interné cinq mois avant de pouvoir rallier les Forces françaises libres (FFL). Membre de l’Etat-major particulier du général de Gaulle à Londres, haut-commissaire dans l’Océan indien, puis affecté au poste de commandement du général Leclerc, il participe avec la 2e division blindée aux campagnes de France et d’Allemagne. Attaché au cabinet militaire de De Gaulle en avril 1945, il épouse en janvier 1946 sa fille, Élisabeth. Général de brigade en 1964, commandant l’École militaire spéciale de Saint-Cyr, général de division en 1968, il est inspecteur de l’armée blindée (1970) et membre du Conseil supérieur de la guerre (1971), puis chef d’État-major de l’armée en 1975. Grand Chancelier de la Légion d’honneur, il démissionne en 1981 après l’élection de François Mitterrand. Il est président d’honneur du Mouvement initiatives et libertés (MIL).

 

Daniel COHN-BENDIT (1945-)

Il est né le 4 avril 1945 à Montauban (Tarn-et-Garonne), de parents apatrides juifs allemands, émigrés en France en 1933. Il vit en France jusqu’en 1958, date à laquelle ses parents décident de retourner en Allemagne où il fait ses études secondaires et prend la nationalité allemande. A la mort de sa mère en 1963, il revient en France où vit son frère Gabriel, de nationalité française. En 1965, il entame des études de sociologie à la faculté des lettres de Nanterre. Chef de file en 1968 du “Mouvement du 22 mars”, il est, avec Jacques Sauvageot et Alain Geismar, à l’origine des événements qui secouèrent la France en mai 1968. Interdit de séjour, il est expulsé de France vers l’Allemagne, le 25 mai. Autorisé à revenir en France en 1978, il devient le 12 avril 1989 adjoint (Vert) au maire de Francfort, pour les relations multiculturelles, et est élu député écologiste au Parlement européen, le 12 juin 1994.

 

Maurice COUVE de MURVILLE (1907-1999)

Né le 24 janvier 1907 à Reims, il est reçu au concours de l’Inspection des Finances en 1930. En 1940, il siège à la commission d’armistice de Wiesbaden. Après le débarquement américain en Afrique du Nord, il est un des rares hauts fonctionnaires de Vichy à partir, et rejoint Alger en mars 43 où il se met au service du général Giraud. Le 7 juin 1943, il est commissaire aux Finances du CFLN et se rapproche de De Gaulle. En février 45, il est représentant du GPRF auprès du gouvernement italien avec rang d’ambassadeur. Sa carrière se déroule dès lors dans la diplomatie (Le Caire, OTAN, Washington, Bonn) jusqu’à ce que de Gaulle le nomme ministre des Affaires érangères en juin 1958. Il le restera jusqu’au 30 mai 1968. Après un bref passage aux Finances, il devient chef du gouvernement en remplacement de G. Pompidou, jusqu’au départ du général de Gaulle. Elu député UDR puis RPR de Paris (73-86), il est président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale de 73 à 78. Il est élu sénateur de Paris en 1986. Il décède le 24 décembre 1999.

 

Michel DEBRE (1912-1996)

Né le 15 janvier 1912 à Paris, fils du professeur Robert Debré, il est auditeur au Conseil d’Etat et entre au cabinet de Reynaud en 1938. Mobilisé en 1940, il est prisonnier, s’évade, et passe en zone sud. En 43, il rejoint Paris et, membre du Comité général d’études créé par Jean Moulin, il participe à une réflexion sur la réforme de l’Etat. Chargé par de Gaulle de choisir les futurs commissaires de la République, il sera celui d’Angers. Au cabinet de De Gaulle (45-46), il est chargé de la réforme administrative (dont sortira l’ENA). Adhèrent du RPF en 47, sénateur radical d’Indre-et-Loire en 48, il est opposé à la Constitution de la IVe République, et favorable au retour du Général. Garde des sceaux en juin 58, il est chargé de la rédaction de la Constitution. Il sera Premier ministre jusqu’aux accords d’Evian (62). Il aura en charge d’autres ministères : Economie et Finances (66-68), Affaires étrangères (68-69), et sous la présidence de Pompidou, Défense nationale (69-73). Député de la Réunion (63-89), il s’attache au développement de l’île, il est élu maire d’Amboise en 66. Il est élu à l’Académie française en 88. Il meurt le 2 août 1996.

 

Roger FREY (1913-1997)

Né à Paris en 1913. Après les campagnes d’Italie et d’Allemagne, il est chargé de mission en Extrême-Orient. Membre du Comité directeur du RPF dès sa fondation (1947-1952) et conseiller de l’Union française (1952-1958), il est membre du Comité consultatif constitutionnel en 1958 et secrétaire général de l’UNR à sa création (1958-1957). Ministre de l’Information (janvier 1959), il est ministre de l’Intérieur d’avril 1961 (juste avant le putsch) à 1967, puis ministre d’État chargé des relations avec le Parlement (1967-1968) et dans les cabinets de Couve de Murville et de Chaban-Delmas jusqu’en 1972, enfin ministre chargé des réformes administratives (1971-1972). Chargé de coordonner les travaux du secrétariat national de l’UNR-UDT (1967) il est député UNR puis UDR en 1968, réélu en 1973, il préside le groupe UDR de l’Assemblée nationale de 1974 à 1983, il est président du Conseil constitutionnel. Il meurt le 13 septembre 1997.

 

Edgar FAURE (1908-1988)

Né le 18 août 1908 à Béziers. Inscrit au barreau de Paris (27), il est le plus jeune avocat de France. Il gagne Alger en 1942, où de Gaulle en fait le chef du service législatif du Gouvernement provisoire. En 1945, il est délégué-adjoint au Tribunal international de Nuremberg. Favorable au dialogue et aux juridictions internationales, il se lance dans la politique, il est élu député radical du Jura (1946-58). Plusieurs fois ministre sous la IVe République il est deux fois président du Conseil, en 1952 où il est renversé après 40 jours, et en 1955 où, renversé, il dissout l’Assemblée (première fois depuis 1877). Progressivement rallié au gaullisme, sénateur du Jura en 1959, professeur agrégé de droit, il est chargé par de Gaulle d’une mission officieuse en Chine (1963). Ministre de l’Agriculture (1966-68), puis de l’Education nationale (après Mai 68), il prépare la loi d’orientation de l’enseignement supérieur. Député UNR du Doubs (67-80), il est ministre des Affaires sociales (1972-73), puis président de l’Assemblée nationale (1973-78). Elu à l’Académie française en 78, député européen en 1979, sénateur du Doubs en 1980, il meurt le 30 mars 1988.

 

Christian FOUCHET (1911-1974)

Né le 17 novembre 1911 à Saint-Germain-en-Laye d’un père officier, il fait des études de droit et de sciences politiques. Dès juin 1940, il rejoint le général de Gaulle à Londres, participe aux campagnes du Fezzan et de Libye. Après la guerre, il se consacre à la politique et la diplomatie. Secrétaire d’ambassade à Moscou en août 1944, il est délégué du Gouvernement provisoire au Comité de Lublin puis à Varsovie (1944-1945), puis consul de France à Calcutta. En 1947, il est membre du Comité directeur du RPF, député de Paris (1951-1955). Ministre des Affaires marocaines et tunisiennes de Mendès France (1954-1955), il est haut Commissaire en Algérie entre les Accord d’Évian (19 mars 1962) et le référendum algérien (4 juillet 1962). Président du Comité chargé d’étudier l’union politique européenne (“Plan Fouchet”), il est plusieurs fois ministre, notamment à l’Éducation nationale (1962-1967) et à l’Intérieur en 1967, et député de Toul en 1968, il quitte l’UNR en 1971. Il meurt le 11 août 1974.


André MALRAUX (1901-1976)

Né le 3 novembre 1901 à Paris, dans une famille modeste, il abandonne tôt ses études, fait deux voyages en Extrême-Orient (1923, 1925), où, sensibilisé par les injustices qu’il y voit, il écrit, au retour, Les Conquérants et La Condition humaine (prix Goncourt en 1933). Engagé politiquement, il milite contre le fascisme et le nazisme, participe au Congrès des écrivains soviétiques en 1934, prend part à a guerre d’Espagne qui lui inspire L’Espoir. Mobilisé en 1939, prisonnier, il s’évade. En 1944, il commande la brigade Alsace-Lorraine qui se battra dans les Vosges, en Alsace et jusqu’à Stuttgart (1945). Ministre de l’Information du général De Gaulle (novembre 1945-janvier 1946), il est délégué à la propagande du RPF (1947 à 1953). Nommé ministre d’État chargé des Affaires culturelles (1959-1969), il fait preuve d’un grand dynamisme (on lui doit notamment les maisons de la culture, et une politique de rénovation de Paris). Chantre du gaullisme, il est en tête de la manifestation de soutien à De Gaulle, le 30 mai l968. Il meurt le 22 novembre 1976. Ses cendres ont été transférées au Panthéon en novembre 1996.


François MITTERRAND (1916-1996)

Né le 26 octobre 1916 à Jarnac (Charente) dans un milieu bourgeois, il fait à Paris des études de droit et de sciences politiques. Mobilisé en 1939, prisonnier en 1940, il s’évade et, après un détour par Vichy, rejoint la Résistance et fonde le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés. En 1944, il est secrétaire général aux Prisonniers de guerre du Gouvernement provisoire. L’un des fondateurs de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) qu’il préside de 1953 à 1958, il est député de la Nièvre (1946-1958, 1962-1981), et sénateur (1959-1962), il est plusieurs fois ministre sous la IVe République, notamment ministre de l’Intérieur de Mendès France (1954-55). Opposé à de Gaulle après 1958, il fonde, en 1965, la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), se présente comme candidat unique de la gauche à l’élection présidentielle de 1965. En 1971 il participe à la création du Parti socialiste dont il devient premier secrétaire, signe le programme commun de la gauche en 1972. Battu par Giscard d’Estaing aux présidentielles de 1974, il lui succède le 10 mai 1981 et est réélu en 1988. Il meurt à Paris, le 8 janvier 1996.

 

Jacques MASSU (1908-2002)

Né le 5 juin 1908 à Châlons-sur-Marne, il rallie les Forces françaises libres dès 1940, et combat sous les ordres du général Leclerc qu’il suit en Indochine. Général en 1955, commandant de la 10e Division parachutiste, il dirige les opérations de Suez (1956). A Alger, il joue un rôle décisif le 13 mai 1958 et accepte d’être président du Comité de salut public, souhaitant le retour de De Gaulle. Commandant du corps d’armée d’Alger (décembre 1958), il est déçu par la politique que le Général mène en Algérie. Son rappel en métropole provoque des émeutes en janvier 1960 (“semaine des barricades”). Mais il vota “oui” au référendum du 8 janvier 1961 sur le principe d’autodétermination, et refusa de participer au putsch. Gouverneur militaire de Metz (1961) puis commandant en chef des forces françaises d’Allemagne, il accueille le général de Gaulle à Baden Baden le 29 mai 1968 et l’assure de la fidélité de l’armée. Il obtient l’amnistie pour les condamnés du putsch et de l’OAS.

 

Georges POMPIDOU (1911-1974)

Né le 5 juillet 1911 à Montboudif (Cantal) de parents instituteurs, il entre à l’Ecole normale supérieure, est reçu premier à l’agrégation de lettres en 34, et devient professeur de lettres classiques. Chargé de mission au cabinet du général de Gaulle en 1944, il entre au Conseil d’Etat en 1946 et assure le secrétariat de la Fondation Anne de Gaulle. Chef de cabinet du président du RPF en 48, il entre dans le groupe Rothschild (52-62), avec un intermède comme directeur de cabinet de De Gaulle, président du Conseil (58-59). Après les Accords d’Evian (mai 62), il est nommé Premier ministre et reconduit à la tête du gouvernement jusqu’en juillet 1968. Il s’attache à moderniser la France, mais refuse le projet de participation. Après avoir fait face à Mai 68, il est remplacé par Couve de Murville à Matignon. Après l’échec du référendum (28 avril 69), il se présente aux élections présidentielles et est élu au deuxième tour (15 juin 69). Sous sa présidence, il poursuit la modernisation du pays et mène une diplomatie active, notamment en faveur de la construction européenne. Gravement malade, il meurt le 2 avril 1974.