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Visite Du président De Gaulle dans l’usine de Lacq le 15 février 1959

BIOGRAPHIES DE PERSONNALITÉS – Gouverner et moderniser la France

Visite du président de Gaulle dans l’usine de Lacq le 15 février 1959. Tous droits réservés.

Robert BURON (1910-1973)

Né le 27 février 1910 à Paris, docteur en droit et diplômé de sciences politiques, il commence sa carrière à la Chambre de Commerce de Paris. Secrétaire général du Comité d’organisation du cinéma (1940-1944), il participe activement, pendant l’occupation, à la diffusion de la presse clandestine, et devient directeur de la SOFIRAD et PDG de Gaumont-Actualités, en 1944. Élu aux deux Assemblées constituantes (1945-46), puis député MRP de la Mayenne de 1946 à 1958, il fait partie de plusieurs cabinets de la IVe République. Il est ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme du général de Gaulle (juin 1958), puis de Michel Debré et de Georges Pompidou jusqu’au 15 mai 1962, date à laquelle il démissionne avec les autres ministres MRP pour protester contre la politique européenne du Général. Lors du putsch des généraux d’avril 1961, il est prisonnier en Algérie alors qu’il y était en mission. Il est, en 1962, l’un des négociateurs des accords d’Évian. Il devient président de l’OCDE (1963-1967), adhère au PS après le congrès d’Épinay (juin 1971). Il meurt à Paris le 28 avril 1973.

Michel DEBRE (1912-1996)

Né le 15 janvier 1912 à Paris, fils du professeur Robert Debré, il est auditeur au Conseil d’Etat et entre au cabinet de Reynaud en 1938. Mobilisé en 1940, il est prisonnier, s’évade, et passe en zone sud. En 43, il rejoint Paris et, membre du Comité général d’études créé par Jean Moulin, il participe à une réflexion sur la réforme de l’Etat. Chargé par de Gaulle de choisir les futurs commissaires de la République, il sera celui d’Angers. Au cabinet de De Gaulle (45-46), il est chargé de la réforme administrative (dont sortira l’ENA). Adhèrent du RPF en 47, sénateur radical d’Indre-et-Loire en 48, il est opposé à la Constitution de la IVe République, et favorable au retour du Général. Garde des sceaux en juin 58, il est chargé de la rédaction de la Constitution. Il sera Premier ministre jusqu’aux accords d’Evian (62). Il aura en charge d’autres ministères : Economie et Finances (66-68), Affaires étrangères (68-69), et sous la présidence de Pompidou, Défense nationale (69-73). Député de la Réunion (63-89), il s’attache au développement de l’île, il est élu maire d’Amboise en 66. Il est élu à l’Académie française en 88. Il meurt le 2 août 1996.

Paul DELOUVRIER (France)

Né le 25 juin 1914 à Remiremont (Vosges), il est major de l’Inspection des Finances en 1941. Résistant, en novembre 1944 il devient directeur de cabinet de René Pleven, ministre des Finances. Après un passage au Commissariat au Plan, il réoccupe le poste au cabinet de René Mayer en 1947 et en 1951, avant de devenir le directeur financier de la CECA en février 1955. Nommé en décembre 1958, délégué du Gouvernement en Algérie par le général de Gaulle, il y affronte la “semaine des barricades” en janvier 1960. Revenu en métropole, il devient délégué général du district de la Région parisienne, qu’il modernise de 1961 à 1969, et dont il est préfet après 1966, vice-président de l’Aménagement du territoire. Président d’EDF de 1969 à 1979, il prend ensuite en charge l’établissement public du parc de la Villette jusqu’en 1984. Il meurt à Provins le 16 janvier 1995.

Edgar FAURE (1908-1988)
Né le 18 août 1908 à Béziers. Inscrit au barreau de Paris (27), il est le plus jeune avocat de France. Il gagne Alger en 1942, où de Gaulle en fait le chef du service législatif du Gouvernement provisoire. En 1945, il est délégué-adjoint au Tribunal international de Nuremberg. Favorable au dialogue et aux juridictions internationales, il se lance dans la politique, il est élu député radical du Jura (1946-58). Plusieurs fois ministre sous la IVe République il est deux fois président du Conseil, en 1952 où il est renversé après 40 jours, et en 1955 où, renversé, il dissout l’Assemblée (première fois depuis 1877). Progressivement rallié au gaullisme, sénateur du Jura en 1959, professeur agrégé de droit, il est chargé par de Gaulle d’une mission officieuse en Chine (1963). Ministre de l’Agriculture (1966-68), puis de l’Education nationale (après Mai 68), il prépare la loi d’orientation de l’enseignement supérieur. Député UNR du Doubs (67-80), il est ministre des Affaires sociales (1972-73), puis président de l’Assemblée nationale (1973-78). Elu à l’Académie française en 78, député européen en 1979, sénateur du Doubs en 1980, il meurt le 30 mars 1988.

 Christian FOUCHET (1911-1974)
Né le 17 novembre 1911 à Saint-Germain-en-Laye d’un père officier, il fait des études de droit et de sciences politiques. Dès juin 1940, il rejoint le général de Gaulle à Londres, participe aux campagnes du Fezzan et de Libye. Après la guerre, il se consacre à la politique et la diplomatie. Secrétaire d’ambassade à Moscou en août 1944, il est délégué du Gouvernement provisoire au Comité de Lublin puis à Varsovie (1944-1945), puis consul de France à Calcutta. En 1947, il est membre du Comité directeur du RPF, député de Paris (1951-1955). Ministre des Affaires marocaines et tunisiennes de Mendès France (1954-1955), il est haut Commissaire en Algérie entre les Accord d’Évian (19 mars 1962) et le référendum algérien (4 juillet 1962). Président du Comité chargé d’étudier l’union politique européenne (“Plan Fouchet”), il est plusieurs fois ministre, notamment à l’Éducation nationale (1962-1967) et à l’Intérieur en 1967, et député de Toul en 1968, il quitte l’UNR en 1971. Il meurt le 11 août 1974.

Valéry GISCARD D’ESTAING (1926-1989)

Né à Coblence (Allemagne) le 2 février 1926, ses études à l’Ecole polytechnique et à l’ENA le mènent à l’Inspection des Finances en 1954, année où il entre au cabinet d’Edgar Faure. Sa carrière est à la fois nationale et régionale : au ministère des Finances, et dans le Puy-de-Dôme. Elu député (CNI) en 1956, en 1958, il favorise la création des Républicains indépendants qui rallient la majorité, puis réélu en 1967. Il est député UDF-PR de 1984 à 1989, et à nouveau en 1993. Il est président du Conseil régional d’Auvergne (1986). Secrétaire d’Etat aux Finances de Pinay (janvier 1959) il devient ministre des Finances de 1962 jusqu’en 1966. Il est à nouveau ministre de l’Economie et des Finances de Chaban-Delmas (1969), et de Messmer (1972) sous la présidence de Pompidou. A 48 ans, il est élu président de la République, le 19 mai 1974, au second tour avec 50,8% des suffrages, contre François Mitterrand, se présentant comme l’homme de la “décrispation”, voulant gouverner au centre. Il est battu en 1981 par Mitterrand. Président de l’UDF (1988-1996), il est aussi député européen en 1989.

 Jean-Marcel JEANNENEY (1910-1981)
Né le 13 novembre 1910 à Paris, professeur de sciences économiques, il est directeur de cabinet du ministre d’Etat du gouvernement provisoire Jules Jeanneney, son père (1944-45). Se consacrant ensuite à l’enseignement aux universités de Grenoble (droit) et de Paris (économie), il participe au comité d’experts réuni en 1958 par Jacques Rueff. Ministre de l’Industrie (1959-62), il est ensuite ambassadeur et haut représentant de France en Algérie indépendante (juillet 1962-janvier 1963). Membre du Conseil économique et social en 1964, il est ministre des Affaires sociales (1966-68). Elu député (UDR) de l’Isère contre Pierre Mendès France, il renonce à son mandat pour être ministre d’Etat chargé de la Réforme constitutionnelle et de la Régionalisation (68-69). Il a créé en 1981, et présidé jusqu’en 1989 l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

 Louis JOXE (1901-1991)
Né le 16 septembre 1901 à Bourg-la-Reine (Seine), agrégé d’histoire et de géographie. Après un bref passage dans l’enseignement, il entre en 1932, dans le cabinet de Pierre Cot, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et ministre de l’Air. Il est inspecteur des services étrangers de l’Agence Havas en 1935. Révoqué par Vichy en 1940, il enseigne au lycée d’Alger. De Gaulle le nomme secrétaire général du CFLN (1942-1944), secrétaire général du Gouvernement provisoire (1946), puis il reprend la carrière diplomatique Quai d’Orsay comme directeur général puis ambassadeur (Moscou, Bonn) ; il devient le secrétaire général (1956). Élevé à la dignité d’Ambassadeur de France en 1959, il est ministre sans interruption de juillet 1959 à mai 1968, il aura en charge l’Éducation nationale (1960 et 1962), les Affaires algériennes (1960-62) – à ce titre il mène la négociation avec le FLN -, la Réforme administrative (1962-66) et la Justice (1967-68). Député du Rhône de 1967 à 1977, il est ensuite nommé membre du Conseil constitutionnel. Il meurt à Paris le 6 avril 1991.

 Antoine PINAY (1891-1994)

Il est né le 30 décembre 1891 à Saint-Symphorien-sur-Coisse (Rhône). Industriel et maire de Saint-Chamond (1929-1977), il est élu en 1936 député de la Loire de l’Alliance démocratique (droite modérée), où il est proche de Pierre-Etienne Flandin. Sénateur de la Loire en 1938, il vote le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs à Pétain. Relevé en 1945 de son inéligibilité pour son attitude pendant la guerre, il est élu à la deuxième Assemblée constituante, puis à l’Assemblée nationale (1946-1958). Personnalité du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), il est successivement secrétaire d’État aux Affaires économiques (1948-1949), ministre des Travaux publics (1950-1952). Président du Conseil en 1952 ayant en charge les Finances, il lance l’emprunt qui porte son nom (mai 1952) et l’échelle mobile des salaires (juillet 1952). Ministre des Affaires étrangères (1955-1956), il est, sous la Ve République ministre des Finances et des Affaires économiques (1958-1960), procède à la dévaluation du franc et lance le franc lourd. Médiateur de la République de janvier 1973 à mai 1974, il décède le 13 décembre 1994.

Jacques RUEFF (1886-1978)

Né à Paris le 23 août 1896, polytechnicien, inspecteur général des Finances, il participe à la stabilisation du franc dans le gouvernement Poincaré (1928). Directeur du Mouvement général des fonds au ministère des Finances (36-39), il est sous-gouverneur de la Banque de France (39-40). Entre 1945 et 1962, il exerce diverses fonctions au sein de structures internationales. Favorable à l’étalon-or, son influence grandit à partir de 1958. Le “plan Rueff” (convertibilité et stabilisation du franc après sa dévaluation, arrêt de l’inflation, libéralisation des échanges) est mis en œuvre par le ministre des Finances, Antoine Pinay, à la demande de De Gaulle. Il est élu à l’Académie française en 1964. Il meurt à Paris, le 23 avril 1978.

 Louis VALLON (France)

Louis Vallon naît le 12 août 1901 à Crest dans la Drôme. Socialiste, esprit original et désintéressé, il choisit de mener une vie sans concession. Polytechnicien, il est ingénieur radio-électricien de 1924 à 1929, puis chef des émissions économiques et sociales de la radiodiffusion de 1936 à 1939. Il est mobilisé cette année-là comme capitaine dans une division d’intervalle entre deux ouvrages de la ligne Maginot. Il s’engage en 1942 dans un réseau de renseignements clandestins, la Confrérie Notre-Dame dirigée par Rémy. Celle-ci est ravagée par des dénonciations et Louis Vallon rejoint Londres. Il est désigné par le colonel Passy pour créer et diriger un bureau appelé à traiter au sein du BCRA toutes les questions non militaires. Requis à Alger, il joue un rôle de premier plan à l’Assemblée consultative de 1943 à 1944. De retour à Londres, il forme un commando de parachutistes à la tête duquel il prend part à la campagne de France. Après la guerre, sa vie devient publique. On le retrouve directeur-adjoint pour les questions économiques et financières au cabinet du général de Gaulle de 1944 à 1946. Directeur de l’administration des monnaies et médailles de 1946 à 1951, il est député RPF de la Seine de 1951 à 1955. Il est directeur à l’administration centrale des Finances de 1956 à 1962, commissaire du gouvernement auprès de la Banque générale de crédit et de participations (Saga) de 1961 à 1962, membre du Conseil économique et social de 1959 à 1962. Député UNR-UDT de Seine et Oise et rapporteur général de la commission des Finances de l’Assemblée nationale de 1962 à 1967, il est député de Paris dans la 25eme circonscription de 1968 à 1973. Venu au général de Gaulle sans restriction, inspirateur de l’idée de Participation, il entend que le gaullisme réalise un rassemblement de toutes les classes de la nation. Il meurt en 1981.

De son oeuvre écrite, on peut retenir : Socialisme expérimental (1936), Le Dilemme français (1951), L’histoire s’avance masquée (1957), Le Grand dessein national (1963), L’Anti-de-Gaulle (1969), De Gaulle et la démocratie (1972).

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