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23-25.04.1961, les gŽnŽraux du putsch ˆ Alger

La guerre d’Algérie

1946-1958 Politique étrangère

Des origines lointaines

Depuis la conquête d’Alger par les Français en 1830, l’Algérie est considérée par la France comme le joyau de son empire colonial : en 1848, trois départements sont créés sur le territoire algérien, Alger, Oran et Constantine, tandis que la colonisation est soumise au code de l’indigénat. La part que prennent les populations de ces départements dans l’effort de guerre à l’occasion de la Première Guerre mondiale amène à la cristallisation d’un mouvement nationaliste algérien symbolisé par l’Etoile nord-africaine de Messali Hadj, qui réclame l’égalité des droits et ouvre la voie au combat pour l’indépendance.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ce nationalisme se manifeste à l’occasion des manifestations de Sétif (8 et 9 mai 1945), très durement réprimées. Le statut pour l’Algérie de 1948, censé donner des gages de la volonté de la France de faire évoluer le système colonial, ne règle rien : mal appliqué par l’administration locale, il paraît de toute manière insuffisant aux nationalistes. A la Toussaint 1954, une nouvelle génération de nationalistes algériens, menés par Krim Belkacem, fonde le FLN et entame une lutte armée ayant pour seul but l’indépendance. Cette guerre s’intensifie rapidement, le FLN pouvant compter sur le soutien des pays de la Ligue arabe, tandis que les gouvernements de la IVe République oscillent entre une politique de dialogue et une politique de répression sans véritablement trancher. Elu sur un programme libéral en 1956, le socialiste Guy Mollet décide pourtant de donner des gages aux militaires après la « journée des tomates » du 6 février 1956 : l’accueil hostile de la population pied-noir l’amène à penser que toute évolution allant dans le sens de ses engagements est prématurée, ce qui suscitera la démission d’un de ses ministres, Pierre Mendès France.

 

Une solution politique complexe

Les derniers gouvernements de la IVe République s’avèrent incapables de régler la question algérienne, faute de consensus politique, tandis que la France est mise au ban de l’ONU pour sa politique de répression, les pays arabes se solidarisant de la cause du FLN. En février 1958, l’incident de Sakhiet Sidi-Youssef (des avions français bombardant des troupes du FLN réfugiées dans un village tunisien alors que la Tunisie est indépendante) provoque la chute du gouvernement de Félix Gaillard et l’exaspération des militaires : le soulèvement du 13 mai 1958 et la création à Alger d’un comité de Salut Public s’expliquent par leur exigence de pouvoir disposer d’un pouvoir politique fort et stable soutenant une politique de force.

La politique algérienne du général de Gaulle vise avant tout à apaiser ces tensions : dès le 4 juin 1958, le Général est à Alger, où il lance à la population son célèbre « Je vous ai compris ». Par la suite, De Gaulle lance une politique dite d’autodétermination visant à rendre le peuple algérien maître de son destin, politique qu’il fait ratifier par référendum le 8 janvier 1961 (75% de « oui »). Ce résultat permet l’ouverture de négociations avec le FLN, malgré l’opposition violente d’une partie de l’armée (putsch des Généraux du 21 au 26 avril 1961) et conduit aux accords d’Evian du 8 avril 1962, qui organisent l’indépendance de l’Algérie.