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Refonder la République

1940-1945 Institutions, Politique

Préparer la Libération

Dans la perspective de la libération du territoire français, le général de Gaulle, chef de la France Combattante, est confronté à un double défi: démontrer aux Alliés l’apport militaire des troupes françaises mais aussi préparer l’installation de nouveaux pouvoirs républicains à la Libération. A partir du 3 juin 1943, à Alger, le Comité français de Libération nationale (CFLN) fait office de pouvoir central chargé non seulement de diriger l’effort de guerre mais aussi d’organiser les pouvoirs publics à la Libération.

Présidé par le général de Gaulle après l’éviction du général Giraud, le CFLN appuyé par l’Assemblée consultative Provisoire, publie plus de 400 ordonnances entre juin 1943 et août 1944. Lordonnance du 10 janvier 1944 instaure ainsi des commissaires régionaux de la République, représentants du gouvernement provisoire chargés de reprendre en main l’administration locale. Celle du 21 avril 1944 prévoit notamment l’élargissement du droit de vote aux femmes. Enfin, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) qui a remplacé le CFLN le 3 juin 1944 indique dans l’ordonnance du 9 août 1944 que « la forme du gouvernement de la France est et demeure la république. En droit celle-ci n’a pas cessé d’exister » : les lois prises après le 16 juin 1940 sont par conséquent abrogées.

Assurer une transition démocratique pacifique

Le 6 juin 1944, des incertitudes pèsent encore sur l’administration de la France à la Libération. Si le projet de mise sous tutelle de la France par un gouvernement militaire allié (AMGOT) semble écarté suite aux négociations avec le général de Gaulle, les soldats qui débarquent reçoivent néanmoins des billets de banque utilisables en France en cas d’échec des projets préparés à Alger.

Le général de Gaulle profite de sa venue à Bayeux le 14 juin 1944 pour installer le premier commissaire de la République, François Coulet. Ces représentants du GPRF en province sont chargés d’assurer la transition démocratique et d’encadrer l’épuration. Après la libération de Paris, l’accueil triomphal reçu par le chef de la France Combattante renforce son autorité auprès des Alliés qui reconnaissent officiellement le gouvernement provisoire le 23 octobre 1944.

A l’automne 1944, les mesures prises par général de Gaulle, qui effectue alors un voyage dans les grandes villes déjà libérées, parviennent également à mettre un terme aux rivalités entre les résistants locaux et les représentants installés par le GPRF.

Vers une République rénovée ?

L’organisation d’élections municipales puis législatives illustre le retour à une vie démocratique. Les espoirs de renouveau républicain, notamment exprimés dans le programme du Conseil national de la Résistance et les ordonnances d’Alger, se concrétisent par une série de mesures économiques et sociales (création de la Sécurité sociale, nationalisations, planification). Cette rénovation républicaine demeure toutefois incomplète. En désaccord avec les principaux partis politiques sur le fonctionnement des futures institutions de la IVe République, le général de Gaulle démissionne de la présidence du GPRF le 20 janvier 1946.