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1921-1939

Un officier non conformiste (1919-1940)

1919-1940 Carrière militaire

De la Pologne au Secrétariat général du Conseil supérieur de la Défense nationale

En 1919, à peine rentré de captivité, le capitaine de Gaulle fait partie de la mission militaire envoyée en Pologne afin d’aider et d’instruire les officiers polonais. Il se trouve sur place lorsqu’éclate le conflit entre la Pologne et la Russie bolchevique qui s’affrontent au sujet du tracé de nouvelles frontières entre les deux pays. En tant que conseiller auprès d’un groupe de l’armée polonaise, il assiste à la bataille de la Vistule, expérience qu’il relate dans son journal.

A son retour en 1921, il épouse Yvonne Vendroux, qui sera la mère de ses 3 enfants. Chargé de cours d’histoire à l’École de Saint-Cyr, le capitaine de Gaulle est admis à l’École supérieure de Guerre en 1922. Affecté à Mayence, en tant que stagiaire au 4e Bureau de l’armée du Rhin entre septembre 1924 et juillet 1925, il rejoint ensuite l’état-major particulier du maréchal Pétain, alors vice-président du Conseil supérieur de la guerre. Après avoir pris le commandant du 19e bataillon de chasseurs à Trèves en 1927, il est muté au Levant en 1929 : installé à Beyrouth, il occupe les fonctions de chef du 2e et du 3e Bureau de l’état-major.

De 1931 à 1937, il est affecté au Secrétariat général du Conseil supérieur de la Défense nationale à Paris : ce poste lui permet de travailler en lien direct avec les gouvernements successifs et de mieux saisir les rapports entre questions militaires et enjeux politiques. Colonel en 1937, il est nommé à la tête du 507ème régiment de chars à Metz. Lors de la déclaration de guerre de la France et l’Angleterre à l’Allemagne le 3 septembre 1939, le colonel de Gaulle est nommé commandant des chars de la Vème Armée.

Des théories militaires hétérodoxes

Le capitaine de Gaulle prononce plusieurs conférences à l’Ecole supérieure de Guerre alors sous l’autorité du maréchal Pétain. Il y fait preuve d’indépendance d’esprit et développe l’idée qu’il se fait du chef militaire. Il réfléchit alors à une réforme de l’armée et aux relations entre le militaire et le politique. C’est ainsi que dans son premier ouvrage, La Discorde chez l’ennemi, consacré à l’Allemagne et qui paraît en 1924, il insiste sur un fait qui restera une constante chez lui : le politique doit primer sur le militaire.

En 1932, dans Le Fil de l’épée, il argumente autour de la nécessité de constituer un corps de blindés capable d’initiatives et d’offensives hardies. Dans son ouvrage, Vers l’Armée de métier, publié en 1934, il prend position en faveur de la création d’une armée professionnelle à côté de la conscription. Cependant, cette idée rencontre peu d’échos favorables (hormis de la part de Paul Reynaud, député de droite). À l’étranger, en revanche, l’emploi des blindés tel que De Gaulle le préconise suscite la plus grande attention (notamment en Allemagne).

En janvier 1940, commandant les chars de la 5e armée, le colonel de Gaulle envoie à quatre-vingts personnalités, dont Léon Blum et Paul Reynaud, un mémorandum fondé sur l’analyse des opérations en Pologne. Intitulé L’Avènement de la force mécanique, le texte insiste sur la nécessité d’allier le char et l’aviation. Affecté au commandement de la 4ème division cuirassée, De Gaulle s’illustre à Montcornet, à Crécy sur Serre, et contient les Allemands à Abbeville (27-30 mai 1940). Nommé général de brigade à titre temporaire, il entre le 5 juin 1940 dans le gouvernement de Paul Reynaud en tant que Sous-secrétaire d’Etat à la Défense nationale.